Photo of John sitting with pet cat.

Miaou! Le pouvoir des chats

Comment deux chats ont procuré joie et réconfort dans des moments difficiles.
7 lecture en minutes
imprimer l’article
7 lecture en minutes
imprimer l’article

Lorsque j’ai épousé John en 1958, contrairement à moi, il n’avait pas l’habitude des chats, mais son attitude a changé avec le temps.  

Durant nos presque 63 ans de mariage, nous avons vécu dans quatre pays et sur trois continents. Pendant la plupart de ces années, tant au Canada qu’à l’étranger, nous avons eu le bonheur de posséder au moins un chat, souvent deux. 

En 1989, nous nous sommes installés à Hanover, en Ontario, où j’ai poursuivi ma carrière dans l’enseignement. John était déjà à la retraite. Nous avons eu plusieurs chats d’intérieur et d’extérieur qui nous ont apporté beaucoup de joie. La plupart d’entre eux nous ont trouvés; ils étaient errants ou avaient quitté leurs anciens maîtres, et ils arrivaient à notre porte.

En septembre 2009, nous avons vécu un jour très triste lorsque Pitch, âgé de 11 ans, a dû être euthanasié. J’ai alors expliqué à la Dre Sally Parks, notre vétérinaire, à quel point la situation était difficile, puisque nous avions pris la décision de ne pas remplacer notre chat. Elle me répondit que c’était dommage, car elle était en possession d’un adorable chaton, prêt à être adopté.

Photo of John and Patricia's two cats 'Ralphie and Captain Kirk'

John souffrait d’une maladie cardiaque depuis 1987, et la Dre Parks nous expliqua que des études avaient montré que le fait d’avoir un animal de compagnie faisait baisser le rythme cardiaque et le niveau de stress. Nous sommes rentrés à la maison pour enterrer Pitch, ce qui fut une pénible expérience. Après une brève discussion, nous avons appelé la Dre Parks : nous étions prêts à la rencontrer pour décider si le chaton nous convenait. 

La clinique avait donné au chaton le nom de Capitaine Kirk parce qu’il avait été trouvé dans une pépinière où l’on vendait des hostas Capitaine Kirk. 

Nous sommes immédiatement tombés en amour avec ce très charmant Capitaine Kirk. C’était comme s’il savait que nous étions faits l’un pour l’autre. Ce chaton s’est installé dans notre vie en un rien de temps et nous a aidés à surmonter la perte de Pitch. Nous avons décidé qu’il serait un chat d’intérieur et qu’il ne sortirait qu’en laisse. Kirk, comme nous l’appelions pour faire court, s’est très bien adapté à cette situation. Quelques jours après son arrivée, un chaton de l’île de Man (Manx) s’approcha de John pendant qu’il jouait au golf. Ce pauvre animal qui faisait pitié à voir était de toute évidence errant. John savait qu’elle avait besoin d’un foyer. Nous l’avons appelée Ralphie, d’après un autre chat de l’île de Man que nous avions eu et qui s’appelait Ralph. 

Capitaine Kirk a immédiatement aimé Ralphie. Il était heureux d’avoir une compagne de jeu! Nous sommes donc redevenus propriétaires de deux chats, même si nous avions pris la décision de ne plus avoir d’animaux. 

À l’époque, nous ne savions pas à quel point cette décision serait importante.

En 2012, après une visite dans une clinique de la mémoire, John reçut un diagnostic de déficience cognitive légère (DCL). À ce moment-là, il était très fonctionnel, mais on nous informa que la DCL évoluait souvent vers des pertes de mémoire plus prononcées. 

Avec toutes ces informations en main, nous avons fait de notre mieux pour conserver une attitude positive, en espérant toujours que la situation n’évoluerait pas. 

Les chats ont alors pris une importance primordiale dans la vie de John. Il passait de plus en plus de temps en leur compagnie pendant la journée, et ils dormaient toujours avec nous. Chaque jour, Ralphie et Kirk devenaient de plus en plus des compagnons humains pour John. 

En 2015, nous avons décidé de déménager dans une maison plus petite, car la capacité cognitive de John diminuait. Nous avons trouvé une communauté pour adultes à Port Rowan, près du lac Érié. 

Dans notre nouvelle demeure, l’activité quotidienne la plus fréquente et la plus agréable de John, tout au long de l’année, était ses promenades avec Capitaine Kirk. Ils allaient au parc, Kirk en laisse, pour une balade autour de l’étang. John faisait chaque jour de nouvelles rencontres – des gens à pied ou en voiture s’arrêtaient pour les saluer, lui et notre fameux chat, qui devenait de toute évidence un membre apprécié de la communauté. 

Avec l’évolution de sa maladie, John ne pouvait plus se rappeler où nous habitions, mais Capitaine Kirk, lui, le savait. Ce fut un constat à la fois triste et heureux. La mémoire de John continuait à décliner, mais pendant une courte période, j’ai su que Kirk le ramènerait à la maison.

Nous sommes immédiatement tombés en amour avec ce très charmant Capitaine Kirk. C’était comme s’il savait que nous étions faits l’un pour l’autre.

Lorsque John a eu besoin d’aide additionnelle, nos soignants ont vite compris l’importance de Ralphie et de Kirk dans sa vie. John et Capitaine Kirk se promenaient avec un soignant – plus tard, ils utilisaient le déambulateur de John – et c’était merveilleux de les regarder défiler autour de notre croissant. 

Nous avons profité de séjours de quelques jours et de quelques nuits pour John dans une maison de soins de longue durée. Lors de son premier séjour de courte durée, le personnel lui a donné un chat robotisé pour le distraire. Je n’en avais jamais vu auparavant et j’ai été étonnée de constater que lorsqu’il était actionné, le chaton duveteux miaulait, ronronnait et s’étirait. John était tellement en amour avec ce chat qu’il l’a mis dans sa valise pour le ramener à la maison! 

Le confinement imposé en raison de la pandémie a eu des effets dévastateurs sur John. Toute son attention s’est alors centrée sur Ralphie et Kirk. En octobre 2020, le temps était venu pour mon mari de rester en permanence dans un foyer de soins de longue durée – sans ses plus proches compagnons. 

Avant son départ, notre fille lui a offert son propre chat robotisé. Elle avait même réussi à en trouver un qui ressemblait exactement à Capitaine Kirk. Le faux Capitaine Kirk avait un collier identique au vrai (avec son nom et le numéro de chambre de John). Si le chat s’égarait, le personnel pouvait alors le ramener à la chambre de mon mari. John ne me reconnaît plus et dort une grande partie du temps, mais une façon de le calmer s’il en a besoin est de lui donner son faux Capitaine Kirk. 

Ces jours-ci, lorsque je reviens chez moi après avoir rendu visite à John, Ralphie et Kirk sont généralement à la fenêtre à m’attendre. Leur présence est un réconfort, maintenant que je me retrouve seule après tant d’années de vie commune. Nos deux chats ont joué un rôle inestimable depuis leur arrivée imprévue dans nos vies, tout au long du déclin de John, et maintenant, en m’aidant à m’adapter à mes nouvelles circonstances de vie.

more témoignage
N’appelez pas! Textez.
Toute une vie pour l’amour des enfants!
Photo of Marta Searle Gill with fellow travellers

Écrivez-nous!

Vos commentaires sont les bienvenus. La longueur des lettres peut être modifiée pour plus de clarté, à la discrétion de la rédaction.