Photo de la moto de Steve Paul sur le bord de la route au Nevada

La route de la liberté

Être moi – sans permission
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Propos de Steve Paul (District 36 Peterborough), tels que recueillis par Martin Zibauer

Pendant la belle saison, chaque dimanche et chaque mercredi, je fais de la moto avec un petit groupe d’amis. À partir de Peterborough, nous empruntons les routes de campagne et roulons pendant 400 à 500 kilomètres jusqu’au parc Algonquin ou les Muskokas, ou vers Renfrew ou encore en direction du comté de Prince Edward.

J’adore le sentiment de liberté que procure la moto. Il faut vraiment être en harmonie avec la route et ce que l’on fait; les problèmes disparaissent alors et sont remplacés par la joie, le plaisir et la tranquillité d’esprit. C’est une excellente façon de profiter d’une belle journée, en ayant toujours la possibilité de s’arrêter quelque part, de descendre de moto et de se détendre.

En 2014, j’ai traversé seul le Canada et les États-Unis, en m’arrêtant dans le plus grand nombre de capitales possible. J’en ai visité 62 sur 65 : Iqaluit et Honolulu ne sont pas accessibles en moto, et l’autoroute vers Juneau était bloquée en raison d’un glissement de terrain. Aux États-Unis, dans chaque capitale d’état, j’ai visité l’édifice du Capitole comme une sorte de jalon pendant mon voyage. Certains étaient agréables à regarder, mais d’autres pas du tout. J’ai trouvé très intéressant de constater les différences entre toutes ces capitales.

Je suis à la retraite et ne suis plus marié. Je n’ai donc aucune contrainte, sauf à l’égard de mes trois enfants. Voyager seul signifie que je peux faire ce que je veux, si et comme je le veux. C’est très égoïste, mais dans un sens positif. En revanche, je suis seul quand je m’arrête, pour trouver un emplacement de camping ou pour souper. On ne peut évoquer le trajet avec personne d’autre.

Je fais aussi des voyages en moto avec d’autres personnes, mais il est essentiel de trouver quelqu’un avec qui on s’entend bien. Cet été, je vais rouler 12 jours à travers le Québec en compagnie d’un ami avec qui j’ai des atomes crochus.

Pendant les voyages à moto, on fait beaucoup de rencontres, ce que j’aime bien. Aux États-Unis, j’ai surtout parlé avec des policiers et des agents de sécurité. Les bâtiments gouvernementaux ressemblaient à des aéroports, avec des détecteurs de métaux et une sécurité accrue. Ils voulaient savoir qui j’étais, pourquoi j’étais là et si je portais une arme. Lorsqu’on me posait cette question, je montrais toujours la feuille d’érable sur ma veste en expliquant que les Canadiens ne portent pas d’armes. J’ai vraiment essayé de faire comprendre aux agents de sécurité et à la police américaine la différence entre le Canada et les États-Unis.

« Il faut vraiment être en harmonie avec la route et ce que l’on fait; les problèmes disparaissent. » — Steve Paul

Mais même habillé en motard, je n’étais pas considéré comme menaçant. Mes cheveux blancs me facilitent la vie.

Ce voyage-là a duré 80 jours et j’ai parcouru 42 000 kilomètres. La journée la plus longue à moto a duré 16 heures et a approché les 1 200 kilomètres, de Whitehorse à Hazelton, en Colombie-Britannique. La journée aurait pu être plus courte, mais je suis arrivé à une pourvoirie trop dispendieuse à mon goût, alors que des avertissements de grizzlis m’avaient convaincu de ne pas camper en plein air.

En 2015, mon voyage à travers l’Europe a été plus court, seulement 70 jours, et environ la moitié de la distance parcourue en Amérique du Nord. J’ai visité 17 pays. En Europe, il est pratiquement impossible de rouler plus de 10 kilomètres sans apercevoir quelque chose d’intéressant. Un jour, en France, je roulais sur une route secondaire quand j’ai vu un clocher intéressant sur ma gauche. J’ai fait demi-tour pour trouver une route d’accès. Je suis alors arrivé à une vieille chapelle vide et abandonnée, beaucoup plus grande qu’une chapelle, plutôt une cathédrale. C’était une ruine du XIIIe siècle, appelée L’Abbaye-Nouvelle.

Photo de l’aqueduc romain à Ségovie en Espagne
Aqueduc romain à Ségovie en Espagne, Place centrale de Rothenburg,en Allemagne

Sur la route. Dans le sens horaire à partir du haut à gauche : Aqueduc romain, Ségovie en Espagne. Place centrale de Rothenburg, en Allemagne. Col de Susten, en Suisse. Château de Chambord, à Chambord en France.

Ce jour-là, je roulais depuis la vallée de la Loire vers Lourdes et l’Espagne. Je me suis arrêté dans un village pour la nuit. Au menu du restaurant de l’hôtel on proposait du canard, que je n’avais pas mangé depuis belle lurette. Même si c’était un peu cher pour mes moyens, je me suis assis, j’ai commandé mon repas et un demi-litre de vin. Ce repas était absolument divin, mais c’est simplement un coup de chance si je suis tombé sur ce village et que j’ai posé le pied dans ce petit hôtel.

Il est impossible de se perdre à moto; il y a toujours une autre route à prendre. La seule façon de s’égarer, c’est d’essayer de suivre un itinéraire planifié trop soigneusement. Je connais toujours mon point de départ et d’arrivée, ainsi que la direction générale à suivre. J’ignore cependant quelle route je vais prendre pour y arriver.

Photo du Col de Susten, en Suisse
Col de Susten, en Suisse, Château de Chambord, à Chambord en France

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE ET CANADA

Illustration de l’Amérique du Nord

Pour commencer

Lorsque Steve a enfourché une moto pour la première fois il y a 60 ans, obtenir un permis de moto n’exigeait qu’un court examen écrit et aucun examen pratique sur la route. « J’ai appris sur la route, en roulant et en parlant avec d’autres adeptes de moto. Mais ce n’est pas la façon d’apprendre à rouler aujourd’hui », raconte-t-il.

Il a fait ses débuts sur une petite Honda de 90 cm3 – le maximum qu’il pouvait se permettre à 17 ans – mais environ trois ans plus tard, il est passé à une 160 cm3, puis à une 750 cm3. « Ma mère s’inquiétait un peu, avoue-t-il. Elle avait été infirmière et était certainement consciente du risque de blessures. À l’époque, nous ne portions même pas de casque, mais j’ai toujours roulé prudemment. »

« On peut apprendre à conduire une moto à tout âge, estime Steve, tant que l’on a la santé, la vision et que l’on peut rester vigilant sur la route. »

Photo de Steve Paul et de son petit-fils
Paul et son petit-fils Sawyer. Un futur routard?

Voici comment Steve recommande de commencer :

  • Procurez-vous un bon casque, des bottes de moto recouvrant les chevilles, des gants et une veste de moto. Les pantalons n’ont pas besoin d’être en cuir; des mailles de nylon solides pourront aussi vous protéger.
  • N’achetez pas une moto plus puissante que ce que vous pouvez manœuvrer. Achetez une moto d’occasion que vous pourrez soulever si elle tombe sur vous. Les chutes font partie de l’apprentissage.
  • Sachez ce que vous et votre moto pouvez faire. « Je ne roule pas hors route parce que ma moto n’est pas conçue pour cela et que ça ne me convient pas », ajoute Steve.
  • Suivez des cours, qui sont offerts par les collèges et les entreprises privées. Et continuez d’apprendre, peu importe votre niveau d’expérience. Il y a quelques années, Steve a suivi un cours de moto « simplement pour faire évaluer mes habiletés. Je voulais corriger les mauvaises habitudes que j’avais prises ».
  • Les vidéos sur YouTube peuvent offrir de bons conseils. Steve recommande la chaîne MCrider. « L’animateur Kevin insiste sur le fait que si vous avez les habiletés et la stratégie requises, en d’autres mots, si vous savez ce qu’il faut faire en fonction des circonstances, vous pourrez rouler avec un certain degré de sécurité. Je suis d’accord avec lui. »
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