8 tendances en santé numérique

Transformer la santé et le bien-être.
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Elon Musk de l’entreprise Tesla est en train de mettre au point une interface cerveau-machine (ICM) implantable, capable de stimuler les neurones et possiblement de révolutionner le traitement d’un large éventail de maladies neurologiques. Même si un ordinateur connecté à votre cerveau pour traiter la maladie de Parkinson n’est probablement pas pour demain, l’initiative de M. Musk montre bien les avancées dans le domaine de la technologie de la santé numérique.

Nous avons parlé avec le Dr Darren Larsen, médecin en chef pour OntarioMD, une filiale de l’Association médicale de l’Ontario, qui conseille les médecins sur les outils de santé numériques. Voici un aperçu des tendances qu’il observe dans ce domaine.

Soins de santé virtuels
La survenue de la crise de la COVID-19 a entraîné un virage à 180 degrés de l’administration des soins de santé en cabinet vers des soins de santé virtuels – dispensés par téléphone, par courriel ou par vidéo conférence. Les recherches indiquent que, avant la pandémie, seulement 7 pour cent environ des médecins de première ligne utilisaient régulièrement l’approche virtuelle. Mais un mois et demi plus tard, 91 pour cent d’entre eux avaient adopté l’autre méthode. « Il s’agit du changement le plus spectaculaire survenu dans les soins de santé au cours de ma carrière », indique le Dr Larsen.

« Les patients, ajoute-t-il, sont ravis de ce changement – en partie parce qu’ils économisent un temps précieux. » Les sondages démontrent cependant que la plupart des patients souhaitent continuer à voir un médecin en cabinet, du moins pour leur première visite. Il existe encore des procédures, comme le test Pap et les examens cardiaques, qui ne peuvent être effectués qu’en vis-à-vis. Le Dr Larsen prédit toutefois qu’avec le temps, un équilibre surviendra entre les soins en personne et les soins virtuels.

Soins de santé sur demande
La technologie numérique permet aux patients d’aujourd’hui, de plus en plus mobiles et occupés, d’accéder aux soins de santé au moment qui leur convient. Après tout, la plupart des Canadiens possèdent maintenant un téléphone intelligent et ont accès à l’Internet; ils s’en servent pour faire des recherches sur les établissements de santé et prendre des rendez-vous chez le médecin. « De plus, ils arrivent à leurs rendez-vous avec des données de santé recueillies sur leurs appareils intelligents, comme pour les électrocardiographes (ECG) », explique le Dr Larsen. (Plus d’informations ci-dessous)

Bien qu’il dise « apprécier les conversations basées sur les données recueillies par les patients », ce médecin affirme que la quantité d’informations que ceux-ci recueillent leur cause des soucis inutiles. « Ils arrivent armés d’un tas de données pour montrer à quel point ils sont malades, alors que tout ce qu’ils vous ont donné indique qu’ils sont en parfaite santé. »

Appareils portables
Les petits dispositifs implantés sous la peau pour surveiller en permanence le taux de sucre dans le sang sont une bénédiction pour les diabétiques. « Nous obtenons des tendances glycémiques en temps réel de plus en plus précises, et c’est formidable; cela me permet de modifier avec précision le taux d’insuline d’un patient », commente le Dr Larsen.

Un peu partout, les gens portent des moniteurs d’activité physique comme les Fitbits, les capteurs de sueur, les indicateurs de nutrition et les appareils de contrôle d’oxygène. De nombreux appareils portables ne sont pas suffisamment sensibles pour présenter des données générales fiables sur la maladie, mais il existe quelques exceptions, estime le Dr Larsen. L’une d’entre elles est la montre Apple Watch, qui dispose d’un moniteur ECG pouvant vous alerter en cas de fibrillation auriculaire.

« Il existe aussi un appareil porté comme un collier qui mesure le niveau d’oxygène, le rythme cardiaque et la fréquence respiratoire, et qui suit même les ronflements », ajoute-t-il. Le Dr Larsen constate que les applications sur ces appareils deviennent plus intelligentes, ce qui renforce l’utilité de la technologie. « On commence à faire de plus en plus de sélection et de mise en valeur des données réelles et à mieux les interpréter », explique-t-il.

Dossiers de santé électroniques
Ils existent depuis des années, mais aujourd’hui, le niveau de connectivité s’accroît et permet aux experts de la santé d’accéder facilement aux tests de laboratoire, aux rapports d’imagerie, aux informations sur les médicaments et aux dossiers de vaccination des patients. Les experts utilisent des technologies de plus en plus sophistiquées pour assurer la précision des dossiers médicaux électroniques et éviter toute violation des données.

Bien que les systèmes connectés soient actuellement limités aux hôpitaux, et que les dossiers de soins primaires se trouvent pour la plupart sur des serveurs privés, le prochain progrès notable, selon le Dr Larsen, sera l’intégration des données de soins primaires dans ces grands systèmes de santé.

Intelligence artificielle (IA)
L’IA utilise une reconnaissance de formes informatisée sophistiquée pour repérer les anomalies que les médecins pourraient manquer. Par exemple, elle est mise à contribution pour détecter des tumeurs potentiellement cancéreuses lors des scanographies, déterminer le risque cardiovasculaire global par l’analyse des données et perfectionner l’imagerie médicale. « Certains prévoient que les ordinateurs remplaceront les spécialistes pour la plupart des radiographies d’ici les 10 prochaines années, et que ce sera la même chose pour les tomodensitogrammes », fait remarquer le Dr Larsen.

L’IA peut également être utile pour développer des médicaments, réduire les taux d’erreurs médicamenteuses, ainsi que pour reconnaître et analyser les schémas de fréquentation répétée des services d’urgence par les patients. « Il me reste environ 10 ans de carrière, et je suis pas mal certain que l’IA va révolutionner ce que je fais en médecine avant mon départ; le changement survient à ce rythme-là », commente le Dr Larsen.

Il est convaincu que, bien avant qu’il prenne sa retraite, l’IA « nous permettra de recommander des traitements avec un degré de certitude indiquant que nous sommes sur la bonne voie – pour l’instant, le processus est encore intuitif. » Mais le Dr Larsen prévient que « la qualité de l’IA dépend des données qui lui sont fournies, et il faut donc très bien la former pour que ses prédictions soient bonnes. »

Traitements génétiques
Votre constitution génétique est de plus en plus utilisée pour déterminer quels traitements optimaux vous conviennent. Le Dr Larsen a participé à une étude au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto, dans laquelle chaque patient ayant besoin d’un médicament psychoactif avait subi au préalable un test génétique.

Selon lui, il y a eu « des réussites absolues » – des patients dont les traitements antérieurs avaient échoué mais qui ont vu leur état s’améliorer une fois qu’un médicament qu’ils pouvaient métaboliser en toute sécurité a été défini grâce à l’information génétique. « Je leur donnais le médicament, et boum! Ils allaient tous mieux en trois mois. Je crois qu’ils se seraient suicidés si je n’avais pas trouvé ce médicament », raconte le Dr Larsen.

Réalité virtuelle (RV)
Cette technologie est utilisée pour traiter ou aider à gérer une foule de conditions allant de l’autisme et de la douleur au trouble de stress post-traumatique et à l’anxiété. Le Dr Larsen estime que la réalité virtuelle ou sa consoeur, la réalité amplifiée (RA), joueront un rôle en aidant les aînés avec des difficultés cognitives à mieux entrer en contact avec leur environnement – peut-être en utilisant le mouvement ou la musique. « Le plus grand problème des personnes atteintes de démence, c’est d’être oubliées en quelque sorte. Nous ne les stimulons plus, ce qui accentue leur déclin cognitif », explique le médecin. La RA pourrait également jouer un rôle important en formant des experts de la santé à diverses procédures médicales.

Amélioration de la télémédecine
« Les médecins communiquent à distance avec les patients des zones rurales depuis un certain temps déjà, mais c’est devenu de plus en plus courant, explique le Dr Larsen. La technologie est offerte sur chaque téléphone cellulaire, chaque ordinateur. Auparavant, je devais me rendre dans le local de télévision de l’hôpital; maintenant, je peux faire ma consultation à distance sur mon iPhone, depuis mon propre jardin. »

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