Instructeur de conditionnement physique souriant et discutant avec des clients dans une salle

Des amitiés pour la vie

L’impact positif des amitiés intergénérationnelles
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Devenir ami avec quelqu’un qui n’appartient pas à votre groupe d’âge offre une expérience enrichissante et gratifiante. Les amitiés intergénérationnelles dignes d’intérêt peuvent avoir un impact positif sur la santé physique et mentale, réduire les stéréotypes véhiculés sur l’âgisme et combattre l’isolement social. Elles peuvent aussi apporter de la valeur, une perspective et un soutien différemment des amitiés entre gens du même âge. Dans les faits, et selon le psychiatre de Harvard et auteur George Vaillant, les aînés qui participent à la générativité (un terme désignant le fait d’investir dans la génération suivante et de s’en occuper) ont trois fois plus de chances d’être heureux que ceux qui s’abstiennent.

Joan Trotman (District 13 Hamilton-Wentworth, Haldimand) a récemment communiqué avec ses anciens élèves par le biais de forums scolaires sur Facebook. « Nous échangeons différents points de vue et j’essaie de les encourager pendant cette période difficile, dit-elle. Qu’il s’agisse de tenir compagnie à quelqu’un pendant une période stressante, d’offrir des encouragements ou d’élargir ses perspectives, on peut toujours s’aider mutuellement à apprendre à se connaître et à partager des idées, peu importe notre âge. »

Le succès des amitiés intergénérationnelles repose sur les mêmes attentes que toute autre amitié : des intérêts communs. Des valeurs mutuelles. Des visions du monde semblables.

Shirley Criscione (District 24 Scarborough and East York) parle de l’importance de son amitié avec Jeanne, une centenaire : « Elle m’a beaucoup appris sur l’importance de rester active, de bien manger et de faire du bénévolat, raconte-t-elle. Jeanne lit le journal tous les jours, écoute la radio de la CBC et elle est toujours bien informée. C’est une amie merveilleuse qui se préoccupe vraiment des autres. Elle m’aide certainement à comprendre l’importance d’une attitude positive. »

Selon le recensement de 2016, 24,6 pour cent des Canadiens âgés de 65 ans et plus vivent seuls. D’après le Dr Samir Sinha, directeur du service de gériatrie au Sinai Health de Toronto, les adultes plus âgés sont davantage susceptibles d’être isolés alors qu’ils commencent à survivre aux membres de leur famille et à leurs amis. Il cite en exemple le succès de HomeShare Canada (homesharecanada.org), une organisation qui met en relation des aînés disposant d’une chambre libre avec des personnes à la recherche d’un logement. Chaque programme est différent; par exemple, HomeShare de Toronto propose aux aînés ayant de la place chez eux de louer une chambre à un étudiant au collège ou à l’université. En retour, ce locataire les aidera avec des tâches domestiques simples comme la préparation et le partage des repas, le ménage ou la promenade d’un animal de compagnie. Peut-être plus important encore, cette camaraderie peut déboucher sur des amitiés à long terme et à un réseau social élargi.

« Vous mettez en place un excellent programme qui résout un problème de politique du logement et qui permet du même coup à certains aînés de rester plus longtemps en bonne santé et autonomes chez eux, explique le Dr Sinha. On finit par constater un esprit incroyable de solidarité, alors que les deux personnes en sortent gagnantes. »

Les amitiés intergénérationnelles peuvent aussi renforcer la perception de sens et de but pour les deux amis. Selon le Dr Sinha, « les jeunes gens trouvent souvent que la société est compliquée, mais profiter de la présence d’un mentor disposé à partager son expérience de vie peut les aider à s’épanouir ».

« Les jeunes ont la possibilité d’établir une relation avec une personne ayant une expérience ou une perspective plus large de la vie, explique le Dr Sinha. Lorsqu’ils sont jumelés avec des aînés qui possèdent du vécu, l’influence qui s’en dégage peut s’avérer stabilisante et très positive. »

Les mentors en retirent l’avantage de pouvoir offrir une stabilité émotionnelle, de la sagesse, des compétences en communication stratégique et la motivation de contribuer à la société. En ce sens, ces jeunes mentorés sont plus désireux d’en faire profiter les autres et de rendre la pareille.

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Selon les Grands Frères Grandes Sœurs du Canada (grandsfreresgrandessoeurs.ca), tant les mentorés que les mentors bénéficient de ces relations. Leurs recherches montrent que lorsque vous êtes aux côtés d’un jeune pour l’aider dans son apprentissage de la vie, vous en apprenez autant que lui.

Selon une étude de 2019 de l’AARP (un groupe d’intérêt américain), les amitiés intergénérationnelles résistent de manière unique à l’épreuve du temps; 45 pour cent durent au moins 10 ans et 20 pour cent plus de 20 ans. « Cela pourrait s’expliquer par le fait que les adultes plus âgés ont tendance à avoir des amitiés moins nombreuses, plus profondes et plus significatives, explique le Dr Sinha. Pour leur part, les jeunes entretiennent des amitiés plus superficielles avec des gens du même âge qu’eux. Les adultes n’ont plus à se soucier de qui a la faveur populaire parmi les gens autour d’eux. Leur priorité est d’entretenir des liens avec des personnes avec lesquelles ils veulent vraiment passer du temps. »

Mais comment faire pour développer une amitié avec des personnes appartenant à d’autres groupes d’âge? Recherchez des amis plus jeunes par le biais du bénévolat, de connaissances et d’intérêts communs, ainsi que d’organismes de quartier ou communautaires — et soyez sincèrement curieux de vous informer sur les différents points de vue de ces groupes. Non seulement vous pourriez apprendre quelque chose d’une autre personne, mais lui enseigner aussi quelque chose en retour.

Une agriculture qui fait du bien

The SEED, un projet alimentaire à but non lucratif du Guelph Community Health Centre de Guelph, en Ontario, se consacre à la lutte contre l’insécurité alimentaire, mais avec l’aide des aînés et des jeunes. Soutenu par une subvention de la Fondation RTOERO depuis 2017, le projet est une plaque tournante où les bénévoles peuvent travailler les uns à côté des autres tout en restant actifs, en rencontrant d’autres personnes et en acquérant de nouvelles habiletés, notamment pour aider dans les fermes de culture fruitière et maraîchère.

Une fois à la retraite, les personnes se sentent souvent seules et déconnectées. Les programmes intergénérationnels comme The Seed favorisent l’engagement social, la collaboration et le réseautage. « Voici un exemple concret de stratégie simple visant à développer une communauté, à promouvoir l’activité physique et à offrir l’occasion de créer des relations intergénérationnelles. C’est une situation gagnante pour tous qui contribue grandement à réduire l’isolement social », indique Mike Prentice, directeur général de la Fondation RTOERO.

Le programme a également permis aux adultes plus âgés de participer à une thérapie par le jardinage, à des journées portes ouvertes à la ferme et à des visites virtuelles. Ils se sont également impliqués auprès de la Guelph Youth Farm à Everdale, une organisation caritative basée sur la ferme, pour récolter des aliments et cuisiner des repas ensemble. Pour en savoir davantage, visitez theseedguelph.ca.

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