Feature Citizenship Test Summer 2021

Pourriez-vous réussir l’examen pour la citoyenneté canadienne?

9 lecture en minutes
imprimer l’article
9 lecture en minutes
imprimer l’article

Si je cherchais à obtenir ma citoyenneté canadienne, je devrais encore attendre entre quatre et huit semaines avant de réessayer. La raison est que j’ai échoué à une simulation de l’examen pour la citoyenneté, où la note de passage est de 75 pour cent. Pour être franche, j’ai été chanceuse d’obtenir 65 pour cent, puisque j’ai deviné certaines réponses.

Savez-vous depuis quand existent le Régime de pensions du Canada et le Régime de rentes du Québec? Depuis 1965. J’ai su répondre en devinant. Et celle-ci :

J’ai choisi « C », ce qui est faux. Vous vous dites peut-être : « Évidemment, la bonne réponse était “A”, un populaire gouverneur général du Canada. » Ou comme moi, vous avez peut-être deviné.

L’examen pour la citoyenneté canadienne comprend 20 questions à choix multiples ou de type vrai ou faux sur l’histoire, la géographie, l’économie, le gouvernement, les lois et les symboles. Les candidats ont 30 minutes pour répondre. Après avoir passé l’examen, ils rencontrent un agent de la citoyenneté pour une entrevue visant à évaluer leurs compétences linguistiques en anglais ou en français.

Cinq membres de RTOERO et moi-même avons passé l’un des nombreux tests de simulation gratuits offerts en ligne. Nous avons procédé sans préparation. Si nous avions voulu obtenir la citoyenneté « pour de vrai », nous aurions consulté le Guide d’étude officiel du gouvernement (voir page 21) et peut-être aurions-nous pris contact avec les organismes d’aide à l’établissement dans nos communautés pour obtenir un soutien. Voici comment les membres de RTOERO se sont débrouillés.

John Cappelletti
(District 34 York Region)

“Comment un Néo-Canadien pourrait-il savoir tout cela? » C’est la question que John Cappelletti a posée après avoir passé et réussi le test de simulation sur Zoom, alors que je le regardais.

Il estime que les questions du test devraient être conçues pour préparer les nouveaux arrivants à la citoyenneté. « À mon avis, les questions devraient porter davantage sur notre époque. Quels sont les partis politiques? Le Canada a-t-il un siège au Conseil de sécurité de l’ONU? Quel est le plus important partenaire commercial du Canada? Et même nommer le premier ministre actuel et expliquer le rôle du Sénat. “

M. Cappelletti a reconnu que cette simulation a été créée par une entreprise qui, en fin de compte, veut vendre un programme de préparation au test de citoyenneté. “C’est peut-être cynique de le penser, mais c’est comme s’ils avaient rendu leur test d’essai très difficile pour convaincre les nouveaux arrivants d’acheter leur programme.”

Marg Booze
(District 49 The Prairies)

“Aïe aïe aïe!,” s’est exclamée Marg Booze en lisant avec moi l’une des questions du test de simulation sur Zoom. “Beaucoup de Canadiens nés ici comme moi ne connaîtraient pas la réponse. ”Marg Booze a également deviné des réponses et a échoué au test. « Les nouveaux arrivants étudient probablement beaucoup en vue de pouvoir répondre à ces questions, mais si on les interroge un mois plus tard, ils auront tout oublié. Ce n’est pas sensé », commente-t-elle.
Impossible d’affirmer avec certitude si le test réel laisse la même impression. Peu importe, Marg Booze est convaincue qu’il devrait idéalement aider à préparer les nouveaux arrivants à devenir de meilleurs citoyens.

“Je pense que le test devrait être simplifié au maximum, ajoute Mme Booze, avec un contenu que chaque Canadien devrait savoir; par exemple, des questions portant sur les niveaux de gouvernement — municipal, provincial et fédéral — y compris les responsabilités. Et aussi des questions pour aider les nouveaux arrivants à connaître l’existence des organismes auxquels ils peuvent s’adresser pour obtenir de l’aide au besoin, comme des banques alimentaires et d’autres services.”

Margaret Coleman
(District 11 Waterloo Region)

Bien qu’elle ait aussi échoué à la simulation, Margaret Coleman estime que l’expérience consistant à passer le test était amusante et éducative. Elle a appris du nouveau, après avoir essayé plusieurs tests en ligne. « Je suis manifestement très fière du Manitoba, qui a introduit le droit de vote des femmes avant l’Ontario », annonce-t-elle.

Elle a trouvé certaines questions simples, mais d’autres plutôt difficiles : « J’ai été étonnée de constater à quel point les nouveaux arrivants doivent être compétents en anglais, dit-elle. Il y a des différences subtiles de langage dans certaines réponses. »

Pendant qu’elle répondait au test, Margaret a constaté que plusieurs sites Web affichaient des produits et des services à vendre. « Ce qui m’a aussi frappée dans tout cela, ce sont les nombreuses entreprises qui veulent faire de l’argent au détriment des nouveaux arrivants désireux d’obtenir leur citoyenneté », raconte-t-elle. L’entreprise qui fournit le test de simulation que nous avons passé vend aussi un programme de formation complet pour 29 dollars. À noter toutefois que Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada ne cautionne aucun des tests de pratique gratuits, ni aucun des produits offerts sur le marché.

Pamela Baker
(District 50 Atlantic)

« Le test serait plus facile pour quelqu’un qui vient tout juste de l’étudier », constate Pamela Baker. Même si elle a réussi le test, elle aussi a deviné certaines réponses.
« Beaucoup de questions étaient ambiguës, explique-t-elle. Certaines des réponses suggérées se ressemblaient tellement qu’il fallait être bien informé. » Pamela Baker n’a cependant eu aucun problème avec les questions portant sur la Confédération. Après avoir pris sa retraite, elle s’est installée à l’Île-du-Prince-Édouard où elle a organisé des visites guidées pour les voyageurs des bateaux de croisière, notamment sur les sites historiques où eurent lieu les discussions menant à la Confédération.

Comme les autres participants, elle a trouvé le test difficile dans l’ensemble. « Dans un test de simulation comme celui-ci, il n’y a pas de pression. Mais si je devais le passer avec le risque d’échouer à obtenir ma citoyenneté, je serais très stressée », avoue-t-elle.

Suzanne Poudrette-Gagnon
(District 45 EstaRiO)

Suzanne Poudrette-Gagnon, dont la langue maternelle est le français, a passé le même test de simulation que les autres participants, mais avec la version française. Elle a échoué au test en anglais, mais a réussi le test en français fourni par une bibliothèque publique.

Elle fait remarquer que les questions n’étaient pas aussi difficiles dans la version de la bibliothèque. Ce constat pourrait confirmer l’hypothèse voulant que le test de simulation en anglais des autres participants soit délibérément difficile pour inciter les candidats à acheter le programme du fournisseur.

Mme Poudrette-Gagnon a également deviné certaines des réponses. « J’étais presque sûre de connaître l’effigie sur le billet de 10 dollars, commente-t-elle. Après le test, j’ai vérifié si j’en avais un dans mon portefeuille. J’ai trouvé la réponse dans le livre Découvrir le Canada, mais après l’avoir longuement cherchée. »

Les résultats

Données fournies par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Exercice financier Nombre total de candidats à l’examen pour la citoyenneté (y compris les reprises) Taux de réussite des personnes ayant passé le test pour la première fois
2016–2017 91,953 88.4%
2017–2018 103,527 92.1%
2018–2019 160,373 92.8%
2019–2020 175,447 92.3%

Passer l’examen pour la citoyenneté canadienne

Le coût pour demander la citoyenneté canadienne est de 630 $. Il n’y a pas de frais supplémentaires pour passer le test. Les adultes qui demandent la citoyenneté canadienne doivent avoir vécu au Canada pendant au moins trois des cinq années précédentes.
Les adultes âgés de 18 à 54 ans doivent se présenter à une entrevue et passer l’examen dans le cadre de la procédure de citoyenneté. Les nouveaux arrivants âgés de 55 ans et plus, ou ceux âgés de 14 à 17 ans et dont aucun parent ne demande la citoyenneté, doivent uniquement se présenter à l’entrevue.

Le test comprend environ 400 questions possibles. L’examen officiel comporte 20 questions générées de façon aléatoire, et les candidats ont 30 minutes pour y répondre. Ceux qui échouent doivent attendre entre quatre et huit semaines pour réessayer.

Le Canada est le premier pays au monde à proposer un examen pour la citoyenneté entièrement administré en ligne. Par le passé, l’examen et l’entrevue se tenaient en personne dans des

bureaux répartis à travers le pays. En 2020, le test a été déplacé en ligne en raison de la COVID-19.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) avait déjà prévu d’introduire les tests en ligne dans le cadre de son programme de modernisation de la citoyenneté, mais « les tests en ligne ont été priorisés en raison de la COVID-19. Les cérémonies de citoyenneté sont également passées en mode virtuel en juin 2020, explique Lauren Sankey, conseillère en communications pour IRCC. Le fait de déplacer en ligne les événements liés à la citoyenneté comme les cérémonies, les examens et les entrevues fait partie de l’objectif du ministère de rendre le programme de citoyenneté plus efficace et de simplifier le processus de demande. »

La plateforme de test en ligne a été lancée en novembre 2020. Au cours de la période initiale, un nombre limité de candidats a été invité à passer le test de cette façon, et les performances du système ont été étroitement surveillées. « Vérifier l’identité des candidats constitue un aspect important de l’organisation des tests en ligne. C’est primordial pour l’intégrité du programme, surtout dans un environnement virtuel, précise Mme Sankey. Des mesures sont en place pour confirmer l’identité de chaque candidat en obtenant une photo de sa pièce d’identité et de son visage, et en prenant des photos statiques pendant le test. » L’identité des femmes qui portent un voile recouvrant complètement ou partiellement leur visage est vérifiée par une fonctionnaire de la citoyenneté au cours d’une séance de test virtuelle.

more from the author
Moins, c’est plus
Photo of rows of identical pills on a blue background
more articles de fond
Illustration d’une clé anglaise créant la forme d’une maison dans la mâchoire de la clé
Illustration d’une lampe de table dont l’abat-jour est un symbole Wi-Fi

Écrivez-nous!

Vos commentaires sont les bienvenus. La longueur des lettres peut être modifiée pour plus de clarté, à la discrétion de la rédaction.