Oui vous le pouvez!

6 membres relèvent le défi et partagent objectifs et plans pour réussir.
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Au printemps dernier, Renaissance a invité les membres de RTOERO à s’inscrire à notre défi « Oui, vous le pouvez! ». Nous vous avions demandé de nous parler d’un changement dans votre mode de vie sur lequel vous comptiez travailler en 2021, ou d’un projet qui vous trottait dans la tête depuis longtemps mais que vous n’aviez pas encore eu l’occasion de concrétiser. Nous vous avions invités à relever des défis dans trois catégories : santé/activité physique; croissance personnelle; ou redonner à la communauté. Condition préalable : que le défi soit réalisable en quatre mois. L’ampleur ou la complexité n’était pas importante, mais plutôt que votre défi soit intentionnel, personnel et adapté à vous.

Voici six membres de partout au Canada qui s’apprêtent à prouver que « Oui, vous le pouvez! » Chacun a un objectif et un plan – vont-ils réussir? Nous vous donnerons de leurs nouvelles dans le numéro du printemps 2022, afin de partager leurs témoignages.

Photo of Robertson and Izon fitting the floorboards, and a map showing Robertson's solo 1,300-kilometre loop of the Great Lakes via the Trent-Severn Waterway.

1. Ian Robertson
District 14 Niagara

Défi : Terminer la construction d’un voilier/canot à avirons de près de 5 mètres (16 pieds) de long avec le constructeur Skip Izon, et effectuer un trajet solo en boucle de 1 300 kilomètres dans les Grands Lacs en passant par la voie navigable Trent-Severn afin de recueillir de l’argent pour le Fonds mondial pour la nature Canada, son organisme environnemental préféré

Il y a quatre ans, j’ai eu l’idée de construire un nouveau bateau pour un périple aviron/voile. Le voyage devait avoir lieu sur des rivières et des canaux d’Europe, et éventuellement sur le Danube. Il s’agissait en bonne partie d’un voyage d’aviron, un peu inspiré par l’aventure Rowed Trip de Julie et Colin Angus, mais pour certains segments du parcours, la voile aurait été beaucoup plus efficace.

Avance rapide jusqu’en 2021, lorsque, après m’être remis de problèmes de santé, je me suis senti inspiré pour réessayer.

En raison de la pandémie, j’ai décidé de plutôt planifier un voyage en territoire canadien. Je cherchais un itinéraire suffisamment long qui serait à la fois stimulant et intéressant, mais assez sécuritaire pour être suivi sur un petit bateau. La conception du bateau combine l’aviron et la voile. C’est inhabituel en soi, et le mécanisme d’aviron me permet de ramer en faisant face à l’avant, de sorte que je n’ai pas à m’étirer le cou. L’embarcation sera un peu plus large qu’un canot en raison du choix de la voile, mesurera près de 5 mètres (16 pieds) et pèsera moins de 45 kilos (100 lb).

Puisque j’habite près des rives du lac Ontario, l’itinéraire qui s’imposait a été une boucle sur les Grands Lacs en utilisant la voie navigable Trent-Severn.

C’est ainsi que « The Old Man in a Boat Tour » est né (oldmaninaboattour.ca). Ce voyage est un défi personnel, mais aussi l’occasion de recueillir de l’argent pour le Fonds mondial pour la nature Canada, un merveilleux organisme que j’appuie depuis 30 ans. J’espère amasser 10 000 $, et je me suis engagé à égaler tout parrainage jusqu’à un total de 8 000 $.

Mon épouse m’appuie entièrement dans ce projet, bien qu’elle se préoccupe avec raison de ma sécurité. S’il le faut, je n’exclurai pas d’envoyer un message d’urgence à la maison pour demander à ma fille de m’apporter une pièce de rechange ou des provisions.

Je m’attends à ce que le voyage prenne environ deux mois. Je campe et je voyage très léger, mais si j’ai besoin de me reposer et de me laver, je prévois de me permettre le luxe d’un gîte touristique.

Est-ce que je suis nerveux? Je suppose que oui. Quiconque planifie un tel voyage sans être nerveux n’est pas normal. Je ne crois pas que ce soit dangereux – c’est bien dans mes capacités. J’ai toujours fait de la voile. J’ai même dirigé une école de voile à Hamilton il y a de nombreuses années. Plusieurs facteurs restent incertains, comme ma santé, mais je suis enthousiaste à l’idée de partir et de me retrouver sur l’eau.

Photos of Inverarity walking regularly to her daughter’s home; going into surgery; walking in Toronto with her granddaughters; healed and happy; in the pool with all of her grandchildren.

2. Christine Inverarity
District 7 Windsor-Essex

Défi : Faire régulièrement de l’exercice et renforcer les muscles non sollicités depuis longtemps à la suite de six interventions chirurgicales majeures

J’ai subi tellement d’opérations chirurgicales : trois à la colonne vertébrale, et la pose d’une prothèse au genou droit et d’une prothèse à la hanche droite. Une fois à la retraite, j’ai dû me faire remplacer la hanche gauche. Ce fut donc une convalescence après l’autre. Je faisais ce que j’étais censée faire, puis la COVID a frappé. Je ne pouvais pas aller au gym. Je ne pouvais voir personne. J’ai senti que mes forces et mon énergie m’abandonnaient. Rien ne semblait pouvoir me motiver.

Mais j’ai décidé que la COVID et la retraite ne pouvaient pas être des excuses.
Mon médecin m’a recommandé un physiothérapeute qui va concevoir un programme d’exercices prenant en compte mes opérations – des exercices que je peux faire sans me blesser. Je vais passer une évaluation de ma condition physique (pour voir où je me situe maintenant), puis la répéter à la fin de quatre mois, ou même à mi-chemin, chaque fois que j’ai besoin de motivation. Je prévois de faire mes exercices à une heure fixe de la journée. De plus, je vais me fixer des objectifs en fonction de ma morphologie et de ma santé, en tenant compte des articulations artificielles et du métal dans mon corps.

Je peux utiliser de l’équipement que j’ai déjà. Je m’inscris à un cours de Pilates en ligne pour m’aider à développer mes muscles et ma force.

Je suis un peu craintive à l’idée de me pousser trop fort, trop vite – je veux voir des changements et tout de suite! Est-ce que je peux développer mes muscles dans le temps alloué? Éviter d’aller trop vite? Avoir la patience d’attendre les résultats sur mon corps pendant que je m’entraîne?

Je compte mesurer le succès en fonction de mon énergie et de ma capacité à faire ce que je veux, comme jouer au pickleball.

Je veux non seulement répondre « présente », mais aussi ÊTRE PLEINE DE VIE et RAYONNANTE pour ma famille et mes trois adorables petites-filles!

Photos of Dymny teaching a hands-on workshop, Dymny (right) with a satisfied student and a map of Dymny's intended course.

3. Jerzy  << Smokey >> Dymny
District 47 Vancouver Island

Défi : Faire à vélo deux fois la boucle tout en vallons de l’île Quadra (16,2 kilomètres) sans m’arrêter, sauf pour remplir mes bouteilles d’eau

Après une infection septique mortelle dans le bas-ventre à l’automne 2020, j’ai dû cesser toute activité physique intense pendant des mois.

J’avais fait du vélo toute ma vie. Puis j’ai dû être opéré pour une hernie, et c’est alors que j’ai fait un choc septique lié à une infection.

Je ne suis pas seulement cycliste. J’enseigne la mécanique du vélo depuis plus de 20 ans. Je suis propriétaire de la Quadra Bike School (bikemechanic.ca) sur l’île Quadra en Colombie-Britannique, où j’offre des cours de mécanique du vélo d’une durée de cinq semaines à raison de quatre fois par année, au printemps et à l’automne.

C’est alors que ce cataclysme s’est abattu sur moi. Ça a gâché tout l’automne. Je ne pouvais plus faire de vélo parce que mes muscles et mes poumons n’étaient pas suffisamment rétablis. Quand je suis remonté en selle, je me suis dit : « Oh non, ça va être plus difficile que je le pensais. »

J’avais besoin d’un plan.

Pour commencer, je vais rouler depuis mon magasin de vélo jusqu’à la baie Heriot ou l’anse Quathiaski, à l’un de nos cafés, s’il ne pleut pas trop. Ensuite, je ferai le trajet deux fois par semaine, puis trois fois par semaine. Lorsque j’aurai un peu récupéré, je ferai le parcours de 16,2 kilomètres une fois par jour. Ensuite, une fois et demie, et finalement, le tour complet – deux fois.

Ce n’est pas facile. On commence au niveau de la mer avant de suivre une longue montée puis une courte descente de multiples fois en alternance.

Ça me manque d’aller dans les bois sur mon super-vélo de montagne pour m’éclater sur les sentiers. Normalement, je suis plus rapide que des gens 15 ans plus jeunes que moi! Je veux retrouver ma forme.

Photo of Chester and Ellie practising American Sign Language.

4. Barbara Chester
District 10 Bruce, Grey, Dufferin

Défi : Devenir semi-compétente dans la langue des signes américaine 

Mon arrière-petite-fille, Ellie, qui a eu cinq ans en février, est née avec de multiples handicaps physiques, dont la surdité. Ellie s’exprime par le langage des signes depuis son enfance – je veux pouvoir communiquer avec elle et je dois donc apprendre l’American Sign Language (ASL). Et franchement, plus de gens devraient connaître l’ASL parce que je pense que nos communautés comptent plus de personnes sourdes que nous le croyons.  

Si je veux atteindre un objectif, je dois adopter un plan strict. J’ai donc l’intention de consacrer une heure par jour à apprendre l’ASL, à raison d’au moins cinq jours par semaine. Je vais télécharger des applications et acheter des livres. Je vais aussi évaluer mes progrès en pratiquant avec des personnes malentendantes à chaque occasion qui se présentera, y compris, bien sûr, en discutant avec Ellie.  

Je me sentais un peu nerveuse, mais ce matin j’ai regardé quelques vidéos sur YouTube et je me suis dit : « Ce n’est pas si difficile que ça; je peux y arriver. » Beaucoup de ces signes ont du sens. Supposons par exemple que vous portez une casquette et saisissez la visière : c’est le signe qui signifie « garçon », parce que les garçons portent des casquettes. Tous les signes au-dessus du nez sont masculins; ceux en dessous sont féminins.

J’ai confiance que j’en apprendrai assez pour avoir une conversation simple avec Ellie – et ensuite je continuerai, afin que nous puissions vraiment échanger!

Photos of Sojat with parents and sister on her second birthday; Sojat, in the bassinet, with her parents and sister. Sojatʼs motherʼs childhood home; Sojat's parentsʼ wedding day, 1942; Sojat and her sons, November 2017.

5. Uta Sojat
District 34 York Region

Défi : Écrire les mémoires de sa défunte mère en cadeau pour ses enfants et petits-enfants 

L’idée d’un livre est venue de mon fils, qui voulait que ses enfants en sachent plus sur ses grands-parents et les autres membres de la famille dont il avait entendu parler. « On ne les connaît pas vraiment, m’a-t-il dit. Nous savons qu’ils sont là, mais sans les connaître vraiment. »

Mon projet est d’écrire des histoires que ma mère m’a racontées sur sa jeunesse; de faire notre arbre généalogique pour que mes enfants connaissent la famille; de recueillir des données essentielles sur les personnes qui ont le plus compté dans la vie de ma mère; d’écrire sur sa vie à partir de mes souvenirs personnels; et de compiler tout cela en une histoire cohérente et de la faire relier.

Je n’ai pas encore les papiers personnels de ma mère, les choses qu’elle a sauvées au cours de sa vie, et de la vie de mon père, son propre certificat de naissance, son certificat de mariage. Après son décès, nous avons vidé sa maison de Hambourg, en Allemagne, et j’ai apporté en voiture jusqu’en Croatie des boîtes de tout ce qui était important – mon mari a une grande famille là-bas, et nous pouvons entreposer des choses. Nous n’avons pas pu y retourner à cause de la COVID, et je n’ai donc pas pu rapporter le dossier personnel de ma mère.

Il a été très difficile de connaître l’histoire de mes parents. J’ai trouvé des détails dans les registres de l’église du village où elle a grandi. J’ai de beaux souvenirs de ce village, parce que j’y suis allée dans mon enfance. C’était très proche de Hambourg, où nous vivions, et nous y allions chaque année jusqu’à la fermeture de la frontière.

Avant de pouvoir raconter l’histoire de ma mère, j’ai dû en apprendre davantage sur la Seconde Guerre mondiale. Mes parents n’en parlaient pas vraiment. 

Les dates du bombardement de Hambourg, par exemple, m’ont aidée à comprendre une photo de mes parents prise dans une autre ville. Je n’ai jamais su ce qu’ils faisaient là, avant de réaliser qu’ils avaient été évacués alors que la majeure partie de Hambourg avait été détruite par un incendie dévastateur.

J’ai déjà écrit, et j’aime écrire. J’écris tous les matins, avant le lunch, pendant quelques heures. Une fois lancée, j’écris facilement et ce n’est pas une corvée. 

Il faut écrire tous les jours. Si on n’en prend pas l’habitude, on s’encroûte et on se dit « Bah, je le ferai demain ». Demain arrive, et on a autre chose à faire. Et puis, « Bah – demain, après-demain, la semaine prochaine ». 

Si on commence quelque chose, il faut s’y accrocher, le finir, ou bien ne pas le faire du tout. Si je ne suis pas enthousiaste pour quelque chose, je ne le ferai pas parce que ce n’est pas vraiment ce que j’ai envie de faire. Et à ce stade de ma vie, je suis libre de faire ce que j’aime vraiment.

 

Photos of Boudreau's regular walk; with daughter Anika at the family cottage on Kukagami Lake, east of Sudbury; kayaking; on the mend.

6. Andrée Boudreau
District 4 Sudbury, Manitoulin

Défi : Perdre 11 kilos (25 livres) et se remettre en forme

J’avais perdu 16 kilos (35 livres) avant la pandémie, puis on m’a diagnostiqué un cancer du sein en mars 2020. J’avais tellement de nausées que je mangeais tout ce qui pouvait me calmer l’estomac. J’ai alors repris tout le poids perdu. Maintenant que je suis sans cancer, et après tout ce que j’ai traversé, je me dois d’être en pleine santé.

Je veux retrouver mes forces. Je suis fatiguée et faible. Lorsque l’on survit au cancer, chaque journée est une nouvelle aventure. Je me réveille tous les matins avec une attitude positive. 

Je vais suivre mon régime alimentaire. Je vais faire tous les jours de l’activité physique, y compris du cardio. Je vais faire de la musculation pour retrouver mon tonus. Les traitements de radiation m’ont affaiblie, alors le repos fera aussi partie de ma routine quotidienne.

Je sais que je peux y arriver.

Je ne m’étais même pas rendu compte que j’avais tellement grossi. Depuis ma retraite, le nombre de kilos semble avoir peu à peu augmenté au cours des trois ou quatre dernières années. 

J’ai déjà perdu 7 kilos (15 livres), mais j’en suis rendue à un point de frustration. 

Mais, comme je l’ai dit, chaque jour est un cadeau. Je suis tellement heureuse de pouvoir vivre cette vie grâce aux traitements que j’ai reçus, et cela me motive vraiment. Mon mari m’accorde son soutien total, ce qui me motive encore plus. »

DÉFI MISE À JOUR 2E PARTIE

Ne manquez pas le numéro du printemps 2022 de Renaissance dans lequel vous pourrez lire les résultats de nos membres qui ont relevé un défi!

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