Illustrated maze

Ce que j’ai appris de la vie

Mon parcours personnel et les leçons tirées
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Il y a quelques années, j’ai lu cette citation de Maya Angelou : « Quand on sait mieux, on agit mieux. »

Cette pensée m’a fait réfléchir.

Plus on sait, plus on grandit. Cette connaissance vient parfois d’une expérience, ou bien d’une pensée enfouie dans notre subconscient et qui remonte à la surface pour nous changer au passage. C’est un peu comme essayer de trouver les trois ou quatre derniers mots dans une grille de mots croisés – la réponse apparaît éventuellement, comme par magie.

Les enfants se fient à leur instinct; ils sentent le danger et font – généralement – les bons choix. Je me demande si ceux qui ont des parents surprotecteurs ont la chance d’essayer différentes choses, de réussir ou d’échouer, et d’apprendre à s’améliorer. 

Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire, en gardant à l’esprit la remarque de Maya Angelou.

Mes frères Glen, Fred et moi-même avons grandi dans les années 1940 et 1950 dans une ferme du comté de South West Oxford, alors appelé Dereham. Nos parents travaillaient tout le temps, au moins douze heures par jour et sept jours par semaine. Durant les premières années, on se retrouvait aux heures de repas et en fin de journée. Le reste du temps, nous étions des enfants libres de jouer et de courir partout, comme les poules dans la basse-cour.

Bernice Marsland, enfant, courant librement à la ferme.

Voici des exemples de ce que nous avons fait à l’époque à l’insu de nos parents, et qu’ils n’ont parfois appris que plus tard. Nous aimions grimper. Glen, mon frère aîné, avait environ trois ans quand il a escaladé un silo vide jusqu’en haut pour éventuellement redescendre pendant que les adultes regardaient ce casse-cou avec effroi. Pour ma part, je me suis hissée à l’intérieur d’un tronc d’arbre vide avant d’en redescendre avec précaution. À différentes périodes, nous avons grimpé tous les trois le long de la chute à foin jusqu’à la toiture à quatre versants de la grange pour admirer la campagne vue de là-haut. Mon frère Fred avait même apporté un appareil photo avec lui. Je me souviens que c’était plutôt effrayant, puisque les morceaux de bois sur lesquels nous devions placer nos pieds étaient assez espacés les uns des autres. J’ai pris la sage décision de ne jamais répéter cette expérience.

Nous montions nos chevaux sans selle et sans surveillance; une fois, mon frère a été retrouvé endormi sur le dos d’un cheval après l’une de ses nombreuses escapades.

D’autres fois, nous poussions un peu trop notre chance sans faire preuve de bon sens, même si cela nous effleurait l’esprit. Après avoir pris les clous de papa dans le garage pour un projet de bricolage, nous nous sommes fait prendre et avons appris qu’il y avait un meilleur choix. Nous avons eu la permission de marcher quelques kilomètres jusqu’à une vieille grange délabrée pour en retirer les clous encore bons. C’était une belle leçon qui nous a appris à travailler pour avoir quelque chose.

Peu après l’installation de notre premier téléphone, mon frère Fred et moi avions décidé qu’il serait amusant de proférer quelques vulgarités à d’autres abonnés sur la ligne téléphonique partagée. Nous avons été attrapés, avons eu droit à la fessée et avons été envoyés au lit sans souper. Une autre fois, Fred et moi étions tellement curieux de savoir d’où provenait le cri émis par la poupée que nous avons procédé à une opération à cœur ouvert. En découvrant le cylindre dans son torse, nous avons couru tout excités vers la cuisine pour faire part à maman de notre trouvaille. Elle s’est mise en colère (ce qu’elle faisait très rarement)! La poupée, le cylindre, les vêtements et le reste furent jetés dans le poêle et réduits en cendres. La poupée, entre autres choses, avait été achetée avec l’argent des œufs et maman avait donc raison d’être déçue de nous.

Quelques années plus tard, j’ai commencé à comprendre l’avantage d’agir mieux et avec gentillesse. Lorsque Fred est tombé sur la glace, je l’ai montré du doigt en me moquant, avant de chuter à mon tour. En tombant, j’ai brisé la boucle de mon manteau. C’est alors que j’ai su qu’il fallait que j’agisse mieux, comme en faisant preuve d’empathie.

Notre existence à la ferme était isolée et protégée. Nous n’étions pas en contact avec le monde extérieur : j’étais déjà une jeune adulte lorsque j’ai appris qu’on nous désignait comme des WASPs (White Anglo-Saxon Protestants, soit protestants de race blanche et d’origine anglo-saxonne). Inutile de dire que nous avons été ébahis lorsqu’un journalier, un homme de couleur, est venu à la ferme pour effectuer des travaux de ciment; nous n’avions jamais vu personne qui était différent de nous.

Maman a résolu le problème. Elle a invité cet homme à partager notre dîner, ce qui nous a donné une précieuse leçon : nous sommes des humains et avons tous les mêmes besoins et les mêmes buts. Nous formons un tout.

L’expérience suivante concerne une tragédie familiale. Elle reste très présente dans mon cœur et dans mon âme, et a été la plus marquante de toutes. À la fin de ma première semaine d’enseignement, mon frère Glen a perdu la vie dans un accident de moto près de Delhi en Ontario. Nous étions dans un état intense de choc et de torpeur. Papa et Fred sont venus me chercher à la pension où j’habitais pour m’annoncer la sombre nouvelle et me ramener à la maison. Lorsque nous sommes arrivés, j’ai été encore plus ébranlée de voir à quel point la communauté s’était ralliée en raison de notre malheur. Une femme était déjà dans la maison à repasser des chemises. D’autres personnes avaient apporté de la nourriture en abondance. D’autres encore sont venus avant, pendant et après les funérailles.

Tout est flou dans mon esprit maintenant, mais je me souviens très clairement de me tenir debout dehors, à regarder le sol, et d’avoir vu un pissenlit bien vivant dans l’herbe qui me regardait à son tour, et d’avoir pensé que Glen avait probablement vu le même pissenlit la veille. 

À gauche : Bernice Marsland. À droite : Bernice, à gauche, avec deux autres étudiantes en enseignement en 1960, année de l’obtention de leur diplôme.

Along with all this immediate support, I was amazed to read all the cards and letters we received in the next couple of weeks. So many people wrote thoughtfully about their wonderful memories of Glen. We were touched and never forgot all of those kind gestures and words of comfort. I do my best to reciprocate the community kindnesses in like fashion. I learned about grief and how to respond to others in similar circumstances. It is not good enough to simply add my signature to a card.

When we know better, we do better! Education combined with personal experiences should make us the kinder people we are meant to be.

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